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Les chimères |
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Les chimères
Gustave Moreau 1884 Huile et encre de Chine sur toile 236 x 204 cm Cat. 39
Dans la mythologie, la Chimère, monstre fabuleux, possède trois têtes : de lion, de chèvre et de dragon, cette dernière à l'extrémité de la queue. Elle ravage la Lycie, et sera tuée par Bellérophon et son cheval ailé, Pégase.
Dans un paysage arboré, une jeune femme nue se confie à un autre personnage ailé, probablement un centaure.
Même inachevée, la toile est une des plus personnelles que le peintre ait exécuté. Les femmes sont associées à des animaux fantastiques empruntés au bestiaire de la mythologie ou du christianisme médiéval.
Le thème de la Chimère est cher à Moreau, qui le traite à sa manière : dès avant son voyage en Italie, il dessine et peint plusieurs œuvres sur ce thème. Cependant, le centaure ailé capturant la femme reste une iconographie qui lui est particulière.
Cette grande toile, datée de 1884, donne l'occasion à Moreau d'exprimer les sentiments que lui inspirent les Chimères, qu'il décrit ainsi : "cette île des rêves fantastiques renferme toutes les formes de la passion, de la fantaisie, du caprice chez la femme, la femme dans son essence première, l'être inconscient, folle de l'inconnu, du mystère, éprise du mal sous forme de séduction perverse et diabolique. Des femmes enfourchant des chimères qui les emportent dans l'espace, d'où elles retombent éperdues d'horreur et de vertige". On ne peut s'empêcher de rapprocher ces paroles de l'idée que Moreau se fait de la femme, à laquelle il associe tantôt des images de volupté, tantôt un rôle satanique.
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