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Le triomphe d'Alexandre le Grand |
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Le triomphe d'Alexandre le Grand
Gustave Moreau Entre 1875 et 1890 Huile sur toile 1,55 x 1,55m Cat.70
"Le jeune roi conquérant domine tout ce peuple captif, vaincu et rampant, à ses pieds, dompté de crainte et d'admiration. La petite vallée indienne où se dresse le trône immense et superbe contient l'Inde entière, les temples aux faîtes fantastiques, les idoles terribles, les lacs sacrés, les souterrains pleins de mystères et de terreurs, toute cette civilisation inconnue et troublante. Et la Grèce, l'âme de la Grèce rayonnante et superbe, triomphe au loin dans ces régions inexplorées du rêve et du mystère". C'est ainsi que Gustave Moreau parle de son tableau, sur lequel il travaille dès 1875, mais, qu'il n'achève qu'en 1890. Il a commencé à rassembler ces éléments dès 1873, pour un tableau nommé "Porus", du nom du roi de l'Inde du Nord, ici blessé au premier plan, qu'affronta avec succès Alexandre le Grand en 326 avant J-C. Il calque des photographies de sculpture indienne de Samuel Bourne, ou puise à d'autres sources comme le Magasin Pittoresque. Il dessine également les éléphants au jardin des plantes, pour le groupe central. Tout concourt à la féerie : la géographie du lieu, avec les montagnes en pain de sucre, l'architecture luxuriante qui ferme la perspective, les groupes d'hommes et de bêtes, à peine distincts au sol, que domine, dans sa position hiératique sans doute calquée sur un bas relief ou sur une intaille, un Alexandre triomphant.
Il semble que Gustave Moreau n'ait pas repris ce tableau qui le satisfaisait dans son état d'apparent inachèvement, avec cette juxtaposition de tâches de couleurs et de motifs linéaires en broderie.
Gustave Moreau ne conçoit pas la représentation du sujet comme une reconstitution historique, mais comme une œuvre à caractère symbolique où il lui importe seulement de donner, sans souci chronologique - avec des monuments de toutes les époques et de toutes les religions - l'idée de l'Inde, pays du rêve. L'artiste célèbre un personnage minuscule dans un tableau immense, et à travers Alexandre, une Grèce magnanime et victorieuse, le prestige et le triomphe de la civilisation sur l'humanité.
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